(Echos du Niger 19 mai) À quelques semaines de la célébration de la fête de Tabaski, la Ville de Niamey hausse le ton sur la divagation des animaux dans la ville, un phénomène auquel font face toutes les villes du pays particulièrement en cette période. Dans un communiqué officiel rendu public samedi 17 mai 2025, l’Administrateur Délégué de la Ville de Niamey le Colonel Boubacar Soumana Garanké a tenu à rappeler « qu’il est formellement interdit aux vendeurs de bétail de s’installer en dehors des marchés réservés à cet effet » sous peine d’amende.
Cette mesure, loin d’être inédite est un rappel des dispositions de l’arrêté N°00179 du 06 septembre 2024 portant interdiction et répression de la divagation des animaux. Un dispositif qui vise à lutter contre l’anarchie observée chaque année à l’approche des grandes fêtes religieuses. Pour la ville de de Niamey, la prolifération d’animaux errants dans les principaux axes routiers de la capitale, est une source majeure « d’insalubrité, d’accidents graves, de congestion du trafic et de ralentissement de la mobilité urbaine ».
Ainsi, derrière cette décision, il y a d’abord une préoccupation sécuritaire évidente. Chaque année, à l’approche de la Tabaski, les moutons, chèvres et autres animaux de bétail envahissent la voirie urbaine, transformant certaines zones stratégiques de la capitale en véritables marchés à ciel ouvert. Le phénomène, toléré par le passé, est aujourd’hui vu comme un risque majeur tant pour les usagers de la route que pour les riverains.
Pour éviter les amalgames et les accusations de mesures excessives, la Ville de Niamey rappel par ailleurs que des « espaces spécifiques ont été réservés dans chaque arrondissement communal pour la vente du bétail ». Les marchés de Tourakou et de la Rive Droite sont expressément cités comme points de référence.
Du côté des citoyens, la nouvelle est accueillie avec soulagement et scepticisme. « Chaque année, on entend les mêmes interdictions, mais dans la pratique, rien ne change », réagit Moussa, un taximan du quartier Yantala. Pour d’autres, comme Mariama, commerçante au grand marché, « il faut que les autorités aillent jusqu’au bout, car les animaux en divagation salissent tout et créent des embouteillages inutiles ».
L’Administrateur Délégué de son côté dit « compter sur la bonne compréhension des propriétaires et vendeurs d’animaux » tout en rappelant que les contrevenant s’exposeront à des amendes et les animaux saisis seront conduits à la fourrière de la Mairie.
La ville de Niamey semble déterminée à en découdre avec une pratique qui nuit à la circulation, à la salubrité publique et à l’image de Niamey. Il leur reste à prouver que cette fois-ci, la rigueur administrative ne cédera pas face à la pression sociale et économique des vendeurs de bétail.
Youssouf Sériba(lesechosduniger.com)

