(Échos du Niger 18 mai) A l’issue d’une nouvelle mission que ses équipes viennent d’effectuer à Niamey, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé, vendredi dernier, avoir conclu avec le Niger au niveau des services sur la septième revue du programme au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) et sur la troisième revue du programme au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cet accord, qui fait suite à celui de janvier dernier, ouvre la voie à un décaissement de 40,9 millions USD, environ 24 milliards FCFA, en faveur du Niger, sous réserve d’approbation du Conseil d’administration du FMI en juillet prochain. Selon l’institution financière internationale, malgré des défis structurelles et des risques importants, la croissance économique du pays devrait rester robuste, à 6,6 % en 2025 d’autant que les autorités se sont engagés à mettre en œuvre rapidement les principales réformes structurelles prévues par le programme, notamment l’adoption d’un nouveau code général des impôts (CGI) et l’application de la stratégie de gestion des recettes pétrolières.
La lune de miel se poursuit de plus belle entre le FMI et le gouvernement du Niger! Après la reprise de la coopération en 2024 suite à sa suspension au lendemain du coup d’état militaire de juillet 2023, la coopération surfe à nouveau sur une belle dynamique comme en témoigne le nouvel accord auquel viennent de parvenir les deux parties, à l’issue de la mission effectuée, du 5 au 16 mai 2025, par une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par M. Antonio David. Une mission qui a été précédée par des échanges à Washington avec la délégation conduite par le Premier ministre, Ali Mahamane Lamine Zeine, en avril dernier, en marge des Assemblées générales du Fonds et de la Banque mondiale. Lors de ces échanges dans la capitale américaine, les deux parties ont balisé la suite des négociations qui se sont conclues à Niamey.
À l’issue de la mission, M. David a déclaré que les autorités nigériennes et les services du FMI ont conclu un accord au niveau des services sur la septième revue du programme économique appuyé par la facilité élargie de crédit et sur la troisième revue du programme appuyé par la facilité pour la résilience et la durabilité. Cet accord au niveau des services doit recueillir l’approbation de la direction et du conseil d’administration du FMI. La réunion correspondante du conseil d’administration devrait avoir lieu en juillet 2025.
L’achèvement de la revue de l’accord au titre de la FEC permettrait un décaissement à hauteur de 13,2 millions de DTS (environ 17,8 millions de dollars, soit 10 % de la quote-part du Niger) pour contribuer à couvrir les besoins de financement extérieur du pays. Pour sa part, l’achèvement de la revue de l’accord au titre de la FRD permettrait de décaisser 17,1 millions de DTS (environ 23,1 millions de dollars, soit 13 % de la quote-part du Niger). Au total donc, un décaissement de près de 41 millions de dollars USD soit près de 24 milliards de FCFA.
Une croissance robuste malgré des risques baissiers et des défis persistants…
Selon l’institution de Bretton Woods, la croissance économique devrait rester robuste à 6,6 % en 2025, en dépit des nombreux défis. L’inflation moyenne devrait reculer à 4,2 %, en raison d’une campagne agricole favorable. « Cela étant, des risques à la baisse entourent le scénario de référence », a reconnu M. Antonio David pour qui, « la situation sécuritaire pourrait affecter l’activité économique, tandis que la marge de manœuvre budgétaire pourrait se restreindre du fait d’un durcissement des conditions de financement et d’une réduction de l’aide au développement ».A en croire l’institution financière internationale, tout en préservant les dépenses sociales, les efforts d’assainissement budgétaire se poursuivront en 2025.
L’ajustement prévu de 1,3 point de pourcentage du PIB pour atteindre l’objectif de déficit budgétaire de 3 % du PIB reposera sur une meilleure mobilisation des recettes, tandis que la croissance des dépenses totales resterait maîtrisée. Et, relève la même source, « compte tenu des risques et du durcissement des conditions de financement, les autorités nigériennes continueront de mener une politique d’endettement prudente, en privilégiant les financements concessionnels et les dons ».
Selon le chef de mission du FMI, l’’accord au titre de la facilité élargie de crédit vise à renforcer la stabilité macroéconomique et à jeter les bases d’une croissance résiliente, inclusive et portée par le secteur privé. Les résultats obtenus dans le cadre du programme ont été globalement satisfaisants par rapport aux objectifs fixés pour fin décembre 2024 et fin mars 2025 a estimé le Fonds qui s’est également satisfait « des progrès considérables enregistrés par les autorités dans l’apurement des arriérés au titre du service de la dette ».
Des réformes structurelles pour accompagner la dynamique de croissance…
Au cours des discussions et lors des échanges à Niamey, le FMI s’est aussi félicité du fait que « les autorités nigériennes restent déterminées à mettre en œuvre rapidement les principales réformes structurelles prévues par le programme, notamment l’adoption d’un nouveau code général des impôts et l’application de la stratégie de gestion des recettes pétrolières ».
Les services du FMI ont, également salué, le rétablissement de la Cour des comptes, tout en espérant un redémarrage complet de ses activités. « Ces efforts de réforme sont essentiels pour atteindre les objectifs clés du programme, à savoir améliorer la mobilisation des recettes et la qualité et l’efficience des dépenses publiques, promouvoir le développement du secteur privé et renforcer les cadres de gouvernance et de transparence » a souligné M.David.
De son coté, le financement au titre de la FRD vient appuyer l’avancement des réformes et les investissements visant à remédier aux difficultés et aux risques de plus en plus prononcés que pose le changement climatique, ce qui permettra de renforcer la résilience et de préserver les moyens de subsistance de la population. « Dans le cadre de cette revue, les autorités ont bien progressé dans la mise en œuvre des mesures visant à renforcer la planification et la budgétisation des dépenses liées au climat, et à améliorer la prise en compte des questions liées au climat dans la gestion des investissements publics », a reconnu l’équipe du FMI.Avec cette note de satisfecit, le Niger est bien partie pour bénéficier une fois encore du feu vert du Conseil d’administration du FMI, et obtenir le décaissement des fonds.
Ce qui va permettre de soulager l’économie nationale et surtout les finances qui sont sous haute tension depuis les évènements du 26 juillet 2023 et les sanctions de la CEDEAO et des autres partenaires techniques et financiers. Il convient de noter qu’au cours de leur séjour à Niamey, les membres de l’équipe de la mission ont rencontré SEM. Ali Mahamane Lamine Zeine, Premier Ministre et Ministre de l’Économie et des Finances.
Ils ont également organisé des séances de travail avec le ministre délégué chargé du budget, M. Mamane Sidi, le Directeur national de la BCEAO pour le Niger, M. Maman Laouali Abdou Rafa, ainsi que d’autres hauts fonctionnaires de l’État, des représentants du secteur privé et des partenaires pour le développement.
Yacouba Barma(lesechosduniger.com)

