(Echos du Niger 6 mai) Le dimanche 4 mai 2025, quatre (04) positions des forces de défense et de sécurité (FDS) ont été la cible d’une série d’attaques dans le nord du département de Dogondoutchi, dans la région de Dosso. Au moins une dizaine de soldats sont tombés au front, plusieurs autres blessés et des véhicules ainsi que des armes emportés par des assaillants selon des sources sécuritaires. Le bilan est encore provisoire et les opérations de ratissage se poursuivent encore ce lundi dans cette zone frontalière du Nigeria, avec des jonctions avec le département de Bagaroua, dans la région de Tahoua, frontalière du Mali, où les attaques par des groupes armées criminels et terroristes se sont multipliés ces derniers mois avec notamment des actes de sabotage contre le pipeline d’exportation du brut Niger-Bénin.
Selon les premières informations confirmées par des sources sécuritaires, ce sont des unités des FDS en mission de sécurisation dans le nord du département de Doutchi, qui ont été la cible de ces attaques visiblement coordonnées par des assaillants armés non identifiés. L’une des unités attaquées a été la patrouille mixte départementale qui est tombée dans une embuscade complexe. La position de la gendarmerie nationale (GN) de Souccoucoutane ainsi que celle de la Garde nationale (GNN) de Dogon Kiria ainsi que l’escadron de la gendarmerie mobile (EGM) de Dan Kassari, ont été également la cible des assaillants armés.
Ce lundi, au lendemain des attaques, le bilan officiel n’est pas encore disponible mais les mêmes sources sécuritaires confirment qu’au moins une dizaine de soldats sont tombés au front alors que plusieurs autres sont blessés et d’autres portés disparus. Des véhicules ont été également détruits ou emportés ainsi que du matériel militaire. Une opération de ratissage a été aussitôt déployée avec l’arrivée des renforts dans la zone pour rechercher et neutraliser les assaillants.
Amplification des menaces sécuritaires dans l’Arewa (Doutchi) et Bagaroua dans la région de Tahoua…
Ces nouvelles attaques en série illustrent l’amplification des menaces sécuritaires dans cette zone frontalière du Nigeria, dans la région de Dosso, mais aussi celle Tahoua avec les départements de Konni et surtout de Bagaroua, au nord de Doutchi, et qui fait jonction avec d’autres zones frontalières du Mali notamment Tassara et Tillia. Particulièrement dans le département de Doutchi (Arewa), les assaillants qui proviennent la plupart du temps du Nigeria voisin, notamment le nouveau groupe terroriste, les “Lakurawa” , qui sont soupçonnés d’avoir plusieurs raids contre des villages mais aussi des positions des FDS dans la zone frontalière. C’est surtout le pipeline d’exportation du brut Niger-Bénin (PENB) qui traverse la zone, qui est régulièrement la cible de ces actes de sabotage, ce qui à conduit à plusieurs reprises, les autorités nigériennes à rappeler à l’ordre leurs homologues du Nigeria.
Selon plusieurs experts sécuritaires, en plus des attaques des groupes criminels qui sévissent le long de la frontière commune, la jonction entre les groupes armés terroristes (GAT) qui foisonnent désormais dans le nord-ouest du Nigeria notamment dans les États fédérés de Sokoto et Kebbi ainsi que l’EIGS, actif dans le nord-Mali et les régions de Tillabéri (Abala, Oualam) et de Tahoua (Tassara, Tillia, Bagaroua), n’est pas à exclure. Ce qui risque de compliquer davantage la situation sécuritaire dans la zone d’autant que malgré quelques tentatives, la coordination de la riposte sécuritaire entre le Niger et le Nigeria peinent à prendre forme en raison de la méfiance entre Niamey et Abuja depuis les évènements du 26 juillet 2023 et l’avènement du CNSP au pouvoir.
Yacouba Barma (lesechosduniger.com)

