CNT : Le combat de la légitimité ou l’acharnement d’un syndicat fantôme

Actualité Justice Niger

(Echos du Niger 1er mai 2025) La Cour d’appel de Niamey a tranché le 9 avril 2025. Elle valide que Mounkaila Halidou demeure légitimement le Secrétaire général de la Confédération Nigérienne du Travail (CNT). Cette victoire juridique, décisive pour la stabilité du mouvement syndical national, aurait pu signer la fin d’un long feuilleton. Mais c’était sans compter sur l’acharnement de dame Doumbia, figure controversée du syndicat SUMAC, aujourd’hui réduit à un syndicat sans base, sans voix, sinon la sienne.

Malgré l’arrêt de la Cour d’appel et la recommandation unanime des syndicats affiliés à la CNT en date du 12 avril, appelant à un congrès extraordinaire pour consolider cette victoire, la contestation a repris de plus belle. Mounkaila Halidou, fidèle à la légalité et au dialogue, convoque ce congrès pour le 22 avril. Prétextant un vice de forme, dame Doumbia saisit alors le juge de référé, espérant bloquer l’initiative. Anticipant la manœuvre, le Secrétaire général annule le congrès par correspondance officielle, rendant de fait la saisine caduque, comme le confirmera le juge dans une décision limpide.

Mais c’est dans l’ombre que l’on manœuvre le plus bruyamment. Le congrès est reconvoqué pour le 23 avril, en toute transparence, sous contrôle d’huissier, et se déroule sans incident. S’ensuivent des motions, des recommandations, une dynamique nouvelle. Un souffle nouveau. Et voilà que, le 27 avril, comme surgissant d’un passé qui refuse de se taire, dame Doumbia relance une nouvelle procédure, cette fois-ci sur le fond. La précipitation de sa démarche laisse perplexe ; la justice en prendra acte le 6 mai prochain.

Il convient de s’interroger. Pourquoi cet acharnement ? Pourquoi vouloir saper l’unité retrouvée d’une centrale forte de plus de 80 000 adhérents, lorsqu’on ne représente qu’une coquille vide, un syndicat fantôme ? Depuis son licenciement à Air France, dame Doumbia ne porte plus que le masque d’une représentativité factice, entretenue à travers une micro-structure du nom de « Aigle travel », montée pour survivre administrativement.

Les faits sont là : elle ne parle qu’en son nom, sans appui, sans base. Son combat n’est ni celui des travailleurs, ni celui du progrès syndical. Alors, pour qui parle-t-elle ? À quel dessein répond-elle ? Certains y voient la main invisible d’intérêts contrariés par la stabilité et la légitimité incarnées par Halidou Mounkaila.

Il est temps de laisser la justice s’exprimer en paix, sans manœuvres ni recours dilatoires. Il est surtout temps que la CNT poursuive son œuvre de reconstruction sur des bases assainies, libérées des parasitismes et des egos. Le vrai combat est celui des droits des travailleurs. Et ce combat-là ne se mène ni dans l’ombre, ni dans la division.

Les jours à venir nous diront si l’État de droit prime, ou si l’ombre d’un nom peut encore troubler la lumière d’un mouvement réuni.

Mahamadou Tahirou(lesechosduniger.com)

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