(Echos du Niger 17 avril) Niamey a accueilli le 16 avril 2025, une visite diplomatique porteuse d’espoir et de renouveau. Son Excellence Yusuf Tuggar, ministre des Affaires étrangères de la République fédérale du Nigéria, est arrivé au Niger, accompagné d’une imposante délégation, pour une mission qui dépasse la simple formalité. Il s’agit de recoller les fragments d’une relation longtemps mise à mal et reconstruire pour ainsi dire le pont de la coopération entre les deux voisins unis par la nature.
Porteur d’un message personnel du président nigérian Ahmed Bola Tinubu à son homologue nigérien, le Général d’armée Abdourahamane Tiani, le diplomate a voulu marquer d’une pierre blanche cette étape décisive vers la normalisation des relations entre les deux pays. Cette visite, placée sous le signe de la fraternité retrouvée, a été l’occasion d’une séance de travail empreinte de convivialité, suivie d’une déclaration conjointe à la presse.
Dans son intervention devant les journalistes, le ministre nigérien des Affaires étrangères de la coopération et des Nigériens à l’extérieur monsieur Yaou Sagaré, a indiqué que « Le peuple du Nigéria et celui du Niger sont des frères, et personne ne peut les séparer, car ce lien est d’ordre divin. »il a ensuite rappelé sans détour la période de tension ayant affaibli cette fraternité avec vingt mois de malentendus et de silence diplomatique. Il s’est appesanti sur la nécessité de tourner la page. « Même entre frères, des conflits surgissent. L’essentiel, c’est la volonté sincère de se réconcilier. »
Ce geste d’ouverture s’est concrétisé par la signature d’un protocole bilatéral, véritable acte de foi envers un avenir commun. Car au-delà des paroles, c’est une volonté d’action qui se dessine, notamment la 2 relance de la commission mixte Nigéro-nigériane de coopération créée en 1971, mise en place d’un cadre de concertation régulier, et projets structurants ambitieux tels que la ligne ferroviaire reliant le nord du Nigéria au Niger, ou encore le gazoduc transsaharien vers l’Algérie.
Yusuf Tuggar a exprimé sa satisfaction d’être « chez lui » au Niger, rappelant combien les citoyens de deux pays se sentent chez eux de part et d’autre de la frontière. Une déclaration qui dépasse les convenances diplomatiques pour toucher à une réalité profondément humaine, notamment les liens d’histoire, de sang et de destin partagés.
Toutefois, derrière les sourires et les engagements, plane une question non élucidée : qu’en est-il du sort du président déchu Mohamed Bazoum et de son épouse ? Bien que ce sujet n’ait pas été abordé publiquement, certaines sources évoquent sa possible inclusion dans le message transmis par le président Tinubu. Pour l’heure, le mystère demeure.
Ce déplacement officiel pourrait bien marquer un tournant. Car lorsqu’une diplomatie se fonde non seulement sur les intérêts d’État, mais aussi sur la reconnaissance des liens du cœur, elle devient l’outil d’une paix durable. Reste à espérer que les promesses ne se perdent pas dans les sables du Sahel, mais qu’elles se traduisent en actes, pour le bonheur des peuples frères du Nigéria et du Niger.
Mahamadou Tahirou(lesechosduniger.com)

