(Echos du Niger 17 mars) Dans un communiqué publié samedi dernier, le gouvernement burkinabé a dit “regretter” avant de le “condamner”, la propagation, sur les réseaux sociaux, de fausses informations, d’images d’incitation à la haine et à la violence communautaires. Cette sortie médiatique des autorités de transition fait suite à de nouvelles accusations visant les forces de défense et de sécurité (FDS) et et les volontaires de la Patrie (VDP) suite à des images atroces de massacres de civils en début de semaine près de Solenzo, dans l’ouest du pays, près de la frontière malienne. Des exactions dénoncées par des ONG internationales dont Human Rights Watch (HRW) mais réfutées une nouvelle fois encore par le gouvernement pour qui, il s’agit d’une campagne dont l’objectif est de discréditer les forces combattantes et faire peur aux paisibles populations.
Les images dont certaines largement diffusées sur les réseaux sociaux sont d’une rare atrocité: on y voit des dizaines de personnes, en majorité des enfants et des femmes, massacrés et gisant sur le sol, parfois les mains ligotées derrière les dos. Les faits se sont passés en début de semaine dernière près de Solenzo, dans l’ouest du pays, et les premiers commentaires notamment de médias occidentaux puis des organisations internationales de défense des droits humains, citant des sources locales, indexés les FDS et VDP burkinabés pour ce qui a tout l’air d’un nouveau massacre de civils. Dans un rapport publié vendredi 15 février, Human Rights Watch (HRW) a affirmé avoir examiner les vidéos et recueillis des témoignages auprès des populations locales avant de soutenir que des dizaines de personnes ont été tuées les 10 et 11 mars par des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), une opération en représailles à des attaques menées par des groupes armées terroristes (GAT), très actifs dans la zone.
« La plupart des victimes qui apparaissent dans ces vidéos semblent appartenir à une communauté spécifique, les peul », a commenté Ilaria Allegrozzi, de la Division Afrique de l’ONG internationale pour qui, « les propos tenus par les individus armés qui filment leurs propres exactions vont bien au-delà du discours de haine ».
Une campagne de désinformation dénoncée par le gouvernement…
Ce n’est pas la première fois que les forces combattantes burkinabés, les FDS et les VDP, sont accusées d’exactions contre des civils et surtout les membres d’une ethnie, ce qui amplifie les inquiétudes au-delà des condamnations et de l’émotion provoquée par la diffusion d’images atroces. Et comme les précédentes fois, le gouvernement burkinabé n’a pas tardé à réagir à travers un communiqué publié samedi 15 décembre 2025 par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert OUEDRAOGO. Dans le communiqué, le Gouvernement dit regretter et condamner la propagation, sur les réseaux sociaux, « d’images d’incitation à la haine et à la violence communautaires, et de fausses informations visant à mettre à mal la cohésion sociale et le vivre-ensemble dans notre pays ». Pour les autorités burkinabés, en effet, « cette vaste campagne de désinformation fait suite aux récents événements de Solenzo, travestis à souhait, pour discréditer nos vaillants combattants et faire peur aux paisibles populations ».
Le gouvernement burkinabé a saisi l’occasion pour donner sa version des faits en expliquant que dans le cadre des opérations de reconquête d’une zone stratégique de la Région de la Boucle du Mouhoun, un poste avancé des Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP) a été attaqué le 10 mars dernier par des terroristes. “Repoussés par nos intrépides VDP appuyés par les Forces de défense et de sécurité (FDS), une centaine de ces criminels ont été neutralisés et plusieurs autres se sont enfuis dans la forêt voisine.
Dans la poursuite de la contre-offensive, les combattants ont investi la forêt pour démanteler la base terroriste. Dans leur progression, ils y ont découvert des familles composées de femmes, d’enfants, de vieilles personnes que les terr0ristes ont tenté d’utiliser comme bouclier humain, ainsi qu’un important troupeau de bovins et de caprins volés”, détaille le communiqué. Et d’ajouter que « grâce au professionnalisme des FDS et VDP, ces familles retrouvées dans une situation de dénutrition et de détresse sanitaire, ont été conduites sur un site provisoire pour une prise en charge humanitaire urgente ».
Selon la même source, des dispositions ont été immédiatement prises par les services compétents pour leur transfert vers un site d’accueil plus sûr pour une prise en charge adéquate. Le gouvernement s’est d’ailleurs servi de sa sortie médiatique pour inviter toutes les populations installées dans les forêts et les zones d’opérations à se soustraire de ces « bases de repli des criminels et à les dénoncer”. En tout état de cause, prévient le gouvernement, “les actions offensives engagées se poursuivront et s’intensifieront jusqu’à l’anéantissement total de ces forces du mal et la reconquête intégrale de notre territoire national”.
A.Y.Barma (lesechosduniger.com)

