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AES-CEDEAO: le ghanéen Dramani Mahama annoncé à Niamey ce weekend pour une nouvelle médiation de la dernière chance

Le président Dramani à Dakar avec le médiateur attitré de la CEDEAO B.D. Faye

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(Echos du Niger 7 mars) Le nouveau Président ghanéen, John Dramani Mahama, est attendu à Niamey ce dimanche 9 mars où il entamera une nouvelle médiation avec les pays de la Confédération des États du Sahel (AES) afin de leur faire réintégrer la CEDEAO. Dans la capitale nigérienne tout comme à Bamako et à Ouagadougou, cette médiation de la dernière chance s’annonce presque impossible au regard de la décision décrétée “irréversible” prise par les autorités militaires du Niger, du Mali et du Burkina Faso pour qui, le divorce est définitivement consommé avec l’organisation sous-régionale. A défaut de faire revenir les pays de l’AES dans le giron de la Cédéao, le chef d’Etat ghanéen pourra toutefois aplanir les divergences pour des négociations en faveur d’un divorce à l’amiable, ce qui constituerait une issue heureuse pour les deux organisations qui entendent privilégient l’intérêt des populations ouest-africaine dans le cadre de leur futur partenariat.

John Dramani Mahama réussira-t-il là où son homologue sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, semble visiblement avoir échoué? On serait tenté de le croire avec l’optimisme affiché par le chef de l’Etat ghanéen depuis son retour au pouvoir, en janvier dernier, sur le retour des pays de l’AES dans le giron de la Cédéao. Un  pari audacieux et presque impossible au vu de la position ferme et catégorique des autorités militaire de transition du Niger, du Burkina Faso et du Mali mais qui ne semble pas refroidir l’ambition du Président ghanéen qui entame à partir de ce dimanche, un périple à Niamey, Ouagadougou et Bamako pour une nouvelle médiation de la dernière chance.

 Officiellement,  c’est le chef de l’Etat sénégalais  qui reste toujours, en compagnie de son homologue togolais Faure Gnagssimgbé, le médiateur attitré de la Cédéao pour les négociations avec le Niger, le Mali et le Burkina Faso qui ont décidé de quitter “avec effet immédiat” l’organisation d’intégration sous-régionale. Cependant, depuis que cette mission leur a été de nouveau confiée lors du dernier Sommet des Chefs d’Etat de décembre dernier à Abuja,  aucune avancée majeure n’a été enregistrée dans le cadre de cette médiation qui s’annonçait déjà presque impossible au regard de la position ferme ressassée à maintes reprises par les trois pays membres de la nouvelle Confédération sahélienne. Aux antipodes du délai de grâce de six (06) mois que s’est donnée l’organisation communautaire pour maintenir le dialogue, les 3 pays ont acté et célébré, en grande pompe, le 29 janvier dernier, l’entrée en vigueur effective de leur retrait conformément aux textes statutaires de la Communauté.

En février dernier, les trois pays de l’AES se sont réunis à Bamako, au Mali, pour peaufiner une stratégie commune de négociations avec la Cédéao, à qui d’ailleurs la Confédération a tendu la main pour un “partenariat constructif”.

Nouvelle médiation ghanéenne avec l’aval de la Cédéao

C’est dans ce contexte que le nouveau Président ghanéen s’invite à une nouvelle médiation, celle de la dernière chance. Il faut dire que contrairement à son prédécesseur, Nana Akuffo-Addo, qui était partisan de la ligne dure envers les régimes militaires du Sahel, le nouveau président ghanéen qui n’est pas un novice en matière de gestion de crise régionale a su faire preuve de plus de compréhension à l’égard des autorités militaires de transition des 3 pays. Bien avant son investiture, il s’est montré en faveur d’un  dialogue avec les États dissidents et avec une approche plus diplomatique, il a pu établir un contact fructueux avec les dirigeants de l’AES. En témoigne la présence à son investiture, des délégations des trois pays à qui une invitation spéciale a été spécifiquement été adressée à travers un émissaire spéciale dépêchée à Niamey, Ouagadougou et Bamako.

Dans la même lancée, le nouveau chef d’Etat ghanéen a  nommé un envoyé spécial pour l’AES et avant d’entamer sa mini-tournée, il s’est entretenu en début de semaine avec une délégation de la Cédéao conduite par le Président de la Commission, le gambien Dr Alieu Omar Touray. Une rencontre au cours de laquelle sa nouvelle tentative de médiation a été évoquée et mercredi, il a confirmé ses intentions lors d’une visite officielle à Abidjan en Côte d’Ivoire. Une visite au cours de laquelle le Président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, l’a presque sollicité pour tenter l’impossible et ramener les trois pays dans le bloc ouest-africain. « Nous vous faisons confiance, Monsieur le Président, pour qu’à l’occasion de vos entretiens avec ces pays frères, vous puissiez les convaincre de rester dans la CEDEAO, car il y va de l’avenir des peuples de l’Afrique de l’Ouest », a plaider le président ivoirien qui a de nouveau saisi l’occasion pour lancer « un appel aux pays de l’AES pour leur dire que nous sommes mieux à quinze qu’à trois ».

Un avis partagé par son hôte du jour qui va certainement beaucoup miser sur cet argument pour essayer de convaincre les Généraux Tiani du Niger et Goita du Mali ainsi que la capitaine Traoré du Burkina avec qui le Président ghanéen va s’entretenir au cours de sa tournée de médiateur. « Il est préférable d’évoluer dans un groupe de 15 que dans un groupe de 3. Nos pays frères ont leur place dans la CEDEAO, et il est dans leur intérêt, ainsi que dans celui de la sous-région, qu’ils y reviennent », met en avant comme il l’a déclaré  à Abidjan,  John Dramani Mahama qui aura toutefois beaucoup besoin de davantage d’arguments pour convaincre ses homologues de la Confédération AES.

Il reste à espérer que cette mission presque impossible ne soit pas vaine car à défaut d’une réintégration qui semble inenvisageable dans le contexte actuelle pour les 3 pays, de l’AES qui surfe sur leur nouvelle dynamique d’intégration, les échanges pourront baliser le terrain pour des négociations propices à un divorce à l’amiable voir un partenariat fructueux entre les  deux organisations. Jusque-là, la Communauté tout comme la Confédération misent sur une issue heureuse pour le bien des peuples des deux nouveaux blocs d’intégration ouest africain.

Yacouba Barma (lesechosduniger.com)

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