Niger: la famille de l’ancien Président Baré se félicite des recommandations des Assises pour faire la lumière sur “son assassinat”

Justice Niger

(Échos du Niger 20 février)La famille de l’ancien Président de la république, le défunt général Ibrahim Mainassara Baré s’est félicitée des recommandations formulées par les participants aux Assises Nationales de la Refondation pour que toute la lumière soit faite sur son tragique assassinat, le 9 avril 1999, alors qu’il était au pouvoir. Selon son épouse, Dame Clémence Aissata Habi, cette perspective permettra d’accéder à une véritable justice pour tous qui sera dans la droite ligne de la refondation du pays, conformément aux vœux des nigériens et aux objectifs que s’est assignée la Transition en cours sous l’égide du CNSP.

C’est à travers l’ancienne Première Dame, Mme Clémence Aissatou Habi, que la famille de l’ancien Président de la république, le défunt général Ibrahim Mainassara Baré a réagit à l’annonce des conclusions des Assises nationales de la Refondation qui ont recommandé que la lumière soit faite sur les circonstances de “l’accident malheureux”, dixit son ancien Premier ministre Ibrahim Hassan Mayaki, qui a couté la vie à l’ex chef de l’Etat, le 9 avril 1999 alors qu’il était au pouvoir, sous la 4e République (1996-1999). « Notre famille remercie du fond du cœur tous les participants aux assises nationales du Niger qui ont demandé ce jour à l’état de faire enfin la lumière sur l’assassinat du Président Ibrahim Baré MAÏNASSARA. C’est la première fois depuis le 9 Avril 1999, depuis 26 ans, que l’espoir renaît ! », s’est émue dans une publication sur les réseaux sociaux, l’ancienne Première dame.

La première dame et son fils en deuil en avril 1999

« Tout cela nous réconforte dans la perspective d’accéder à une véritable justice pour tous qui sera dans la droite ligne de la refondation de notre cher pays. Puissent nos voix et aspirations être enfin entendues pour que l’âme de notre illustre disparu repose en Paix éternelle. Amine » a ajouté Clémence Baré, ce qui a beaucoup ému l’opinion qui a tenu à manifester son soutien à la famille de l’ancien président dont l’héritage reste encore vivace dans la mémoire des nigériens surtout avec les conditions dans lesquels il a été tragiquement “assassiné” lors du coup d’état qui a mis fin à son règne de démocrate.

La vérité et la justice avant la réconciliation…

Au cours des travaux des Assises nationales convoquée par le Président du CNSP, le Général Tiani, du 15 au 20 février 2025 à Niamey pour élaborer la charte de la transition ainsi que les grandes orientations de la refondation de l’Etat et de la République, les membres de la sous-commission N°5 en charge de la thématique « Justice et Droit de l’homme » a formulé mercredi 19 février 2025 en séance plénière des Assises Nationales de la Refondation, des recommandations s’inscrivant dans le cadre de la justice sociale. Il s’agit notamment de faire la lumière sur l’assassinat du Président Ibrahim Baré Mainassara, une recommandation qui a été par la suite adoptée et intégrée dans les conclusions des Assises qui ont été annoncées ce jeudi 20 février 2025, lors de la cloture de la grande rencontre de concertation nationale qui a posé les jalons de la nouvelle république.Arrivé au pouvoir par un coup d’état qui a mis fin à la 3e République de Mahamane Ousmane, le 26 janvier 1996, le défunt président Baré a organisé une courte transition militaire de six (06) mois avant d’organiser la même année des élections auxquels il a pris part comme candidat indépendant et qu’il a remporté dans des conditions qualifiées par la classe politique de l’époque réunie au sein du FRDD, de “hold up électoral”.

Le 9 avril 1999, en pleines nouvelles tensions politiques, le Président Baré disparait tragiquement, tombé sous les balles de sa propre garde présidentielle qui l’a littéralement mitraillé sur le tarmac de l’escadrille nationale de Niamey, alors qu’il se préparait à un voyage. Le Premier ministre de l’époque a annoncé sous les ondes de la télévision nationale que l’ancien chef de l’Etat est décédé des suites “d’un accident malheureux”, mais tout le monde dont lui-même comme il allait le reconnaitre plus tard, savait qu’il s’agissait d’une opération militaire commandée pour “neutraliser” le général qu’il est.

D’autant que le 11 avril 1999, soit deux jours après sa disparition, des officiers de l’armée ont finalement dévoilé la confiscation du pouvoir avec une nouvelle transition militaire dirigée par le commandant de la garde présidentielle du défunt président, le chef d’escadron Daouda Mallam Wanké, qui a tiré sa révérence en 2004. Depuis, les auteurs, co-auteurs et complices de ces tragiques évènements ont bénéficié d’une amnistie générale dans les différentes constitutions que le pays a connu notamment de la 5e à la 7e République. Ce qui a empêché de faire la lumière sur les évènements du 9 avril 1999 même si entre temps, sa famille a frappé à toutes les portes dont celle de la Cour de Justice de la Cédéao qui a demandé à sa demande de justice et lui accordée une sorte de dédommagement pécunier.

Ce que les différents régimes qui se sont succédé n’ont pas daignés exécutés notamment pour ce qui est du volet de faire la lumière sur les circonstances de “l’assassinat” de l’ancien Président. Cette fois, sera-t-elle la bonne? C’est l’espoir que formule de tous ses vœux sa famille ainsi qu’une grande partie des nigériens afin que lumière soit faite sur cette page tragique de l’histoire politique du Niger qui est loin d’avoir livré tous ses secrets notamment les principaux commanditaires et acteurs dont certains, internes ou externes, sont encore en activité.

Les prochains jours nous édifieront sur la volonté des nouvelles autorités à accéder à cette quête de vérité et de justice, fondement de toute œuvre de réconciliation nationale et donc de refondation véritable de l’Etat.

Ikali Dan Hadiza (lesechosduniger.com)

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