(Échos du Niger 17 février) Le Président tchadien, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a consacré une large partie de son intervention à la tribune de la 38e session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine (UA), à un plaidoyer fort en faveur de la levée des sanctions et de la reprise du dialogue entre l’organisation continentale et les cinq nations africaines actuellement suspendues: le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Gabon et la Guinée. Ces pays ont été suspendus suite à la vague de coup d’état militaire qui les a secoués conformément à la position de principe de l’UA sur les changements anticonstitutionnels.
Le chef de l’Etat tchadien, a saisi l’occasion pour lancer un appel à la raison, à la solidarité et à l’unité africaine, dans un contexte où des tensions politiques menacent la cohésion du continent. L’occasion pour le Maréchal d’alerter sur les dérives qui affectent la vocation première de l’Union et de mettre en garde contre les ingérences extérieures.
Sous le coup d’une suspension suite aux changements politiques survenus ces dernières années en leur sein, les pays membres de la Confédération des Etats du Sahel (AES) ainsi que la Guinée-Conakry et le Gabon, n’ont pas pris part au 38e Sommet ordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) qui se sont déroulées du 15 au 16 février 2025 à Addis Abeba, en Éthiopie.
Les cinq (05) pays francophones sont, en effet, sous le coup d’une suspension qui découle de la vague de changements anticonstitutionnels qui les a secouée ces dernières années et ces sanctions découlent des textes de l’organisation continentale en la matière. A la tribune du Sommet ordinaire, le cas de ces pays a été pourtant bien évoqué à travers l’intervention du Président du Tchad, le maréchal Mahatma Idriss Déby Itno, qui s’est fait l’avocat du Niger, du Burkina Faso, du Mali ainsi que du Gabon et de la Guinée.
Un plaidoyer pour la levée des sanctions et la reprise du dialogue…
Le Maréchal tchadien a saisi la tribune de la séance plénière d’ouverture, pour plaider en faveur d’une reprise du dialogue entre l’Union Africaine (UA) et les cinq pays frères que sont le Mali, le Burkina Faso, la Guinée, le Niger et le Gabon. “Il est temps de privilégier une approche constructive, solidaire et pragmatique. Plutôt que d’isoler ces pays, l’Union Africaine doit mettre en avant les pourparlers et la médiation”, a defendu le Président Mahamat Idriss Déby Itno qui pris l’exemple sur le cas de son pays. “Édifié par l’expérience de mon propre pays le Tchad, je peux vous assurer qu’une transition politique ne peut réussir sous la contrainte.

Une transition politique ne peut prospérer que dans le cadre d’un consensus national appuyé d’un accompagnement international”, a déclaré le chef d’Etat tchadien qui s’est félicité à l’occasion de la fin heureuse du processus de la transition au Tchad, “une réussite majeure à mettre à l’actif de toutes les forces vives tchadiennes, mais aussi à l’actif de la médiation africaine”, a-t-il dit. En effet, a poursuivi le Maréchal, grâce à la contribution de tous les acteurs politiques, de la société civile, de notre diaspora, de pays amis et frères, de la CEEAC, plus particulièrement son Facilitateur, le Président Félix Antoine Tshisekedi, le Tchad a su renouer avec l’ordre constitutionnel. “Cette réussite est la meilleure illustration que les crises africaines peuvent être résolues par les africains sans ingérences de parties extérieures”, a déclaré le Président du Tchad.Des actions et des initiatives pour une
Une Afrique souveraine et forte…
Dans son intervention le Maréchal du Tchad n’a pas manqué de faire remarquer que cette 38ème session se tient dans un contexte particulier, marqué par la persistance de multiples défis d’ordre politique, sécuritaire, économique, climatique et humanitaire. “Des défis qui nous interpellent et nous obligent à un surcroit d’action et de solidarité”, a estimé le Chef d’Etat tchadien pour qui, si l’on peut se réjouir de quelques bonnes initiatives à l’instar de la ZLECAF dont la finalisation est attendue, “il y a lieu de constater que, globalement, rien ne marche comme il se doit, ni au sein de notre organisation, ni dans ses approches envers les défis de notre temps”. C’est pourquoi, le Président Mahamat Idriss Déby Itno a ensuite tenu à rappeler sommairement, la vocation première et de la raison d’être de l’Union Africaine, une question qui représente aujourd’hui une urgence qui ne peut plus être passée sous silence et qui, selon lui, qui exige un langage de vérité et un engagement constant. En effet, a-t-il ajouté, “nous, peuples africains, peuples des États membres de l’Union Africaine, nous nous retrouvons au centre de nouveaux défis d’un monde en mutation. Nous devons choisir entre continuer à subir le sort qui nous est voulu par le reste du monde ou nous unir pour prendre en main notre destin et construire pour notre continent un avenir souverain, digne et prospère. Nous sommes à l’heure du choix”.

Après avoir rappelé les motivations qui ont présidées à la création de l’Union continentale, “une organisation née de nos luttes et de nos rêves, doit être l’épine dorsale de la renaissance de notre continent sur tous les plans”, le Maréchal Mahamat Déby a souligné que pour cela, elle doit incarner une véritable souveraineté africaine, porter une voix audible dans les instances multilatérales, développer une réelle autonomie financière et partager une forte volonté commune de construire un avenir africain radieux. A juste titre, il a alerté sur les risques que font peser sur l’organisation, les ingérences étrangères. “Nous dirigeants africains, ici réunis, nous ne devons plus accepter que nos politiques soient dictées, que nos décisions soient influencées et que nos ressources soient exploitées au profit des autres”.
Pour le Président tchadien, l’Union Africaine doit être le rempart contre toute forme de domination, qu’elle soit économique, culturelle ou politique. “Nous devons renforcer nos institutions, garantir l’indépendance de nos décisions et refuser toute ingérence dans nos affaires intérieures”.
Et d’ajouter que face aux défis énormes d’un monde dont les grands ensembles et équilibres sont en redéfinition, le renforcement de de l’Union n’est pas une option mais plutôt une nécessité absolue. “Nous devons travailler pour une intégration politique, économique et sociale plus profonde. Une Afrique plus unie sera une Afrique plus forte, capable de mieux défendre ses intérêts sur la scène internationale. L’Action de l’Union Africaine doit incarner et refléter la solidarité entre nos peuples. Les conflits qui déchirent certaines régions de notre continent doivent être résolus par les africains, nous-mêmes. Nous devons privilégier le dialogue, la médiation et la coopération pour résoudre nos différends. Ensemble, nous pouvons construire une paix durable et un avenir prospère pour tous”, a martelé devant ses pairs, le Maréchal Déby. Il n’a pas d’ailleurs manqué de souligner qu’il est essentiel de reconnaître les insuffisances de l’Union Africaine pour les réparer et la changer profondément pour jouer pleinement son rôle en Afrique et dans le monde. “Notre Union doit être capable de défendre avec plus d’efficacité les intérêts du continent.

Elle a le potentiel de devenir une force d’influence, mais cela nécessite une réforme en profondeur”, a servit le Maréchal Deby afin de conclure sur une note d’optimisme, d’espoir et surtout d’appel à l’action. “l’Afrique mérite une Union Africaine forte, indépendante et véritablement au service du continent. C’est à nous, Africains, de nous mobiliser pour exiger le changement et construire l’avenir que méritent nos enfants”, a déclaré le Maréchal Idriss Déby Itno, Président du Tchad et avocat du jour des pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES) dont il entretient de bonnes relations avec leurs dirigeants actuels, mis au ban de la communauté africaine malgré le soutien populaire dont ils jouissent dans leurs pays, confrontés à de multiples défis sécuritaires, politiques et socioéconomiques.
A.Y/Barma (lesechosduniger.com)

