(Echos du Niger 15 février) Le président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le Général Abdourahamane Tiani, a présidé ce samedi matin à Niamey, la cérémonie d’ouverture des Assises nationales de la Transition, placée sous le thème “Zancen Kassa, Labou Sanni”. Durant cinq (05) jours, près de 700 délégués représentants les “forces vives” de la Nation vont réfléchir et élaborer une véritable feuille route de la nation et ainsi poser les jalons de la Refondation de la République basée sur de nouvelles orientations politique, économique et socioculturelle. L’occasion pour le Chef de l’Etat d’ inviter les participants à faire de cet événement historique un moment d’échanges constructifs visant à fédérer tous les Nigériens comme il en a décliné les grands axes stratégiques au lendemain des évènements du 26 juillet 2023 et l’avènement du CNSP au pouvoir.
C’est dans une salle archicomble du Centre international des conférences Mahatma Ghandi de Niamey que le Président du CNSP, Chef de l’Etat, le Général de Brigade Abdourahamane Tiani, a donné le coup d’envoi des travaux des Assises Nationales pour la Refondation du Niger. La cérémonie d’ouverture a été rehaussée par la présence des anciens Présidents de la République et Chef d’État, des anciens Présidents d’Assemblée Nationale, des anciens Premiers ministres, des membres du CNSP et du gouvernement de Transition ainsi que des représentants du corps diplomatique et des invités de marque venus spécialement des pays alliés de la Confédération AES à savoir le Burkina Faso et le Mali. On notait également la présence des personnalités civiles et militaires ainsi que les représentants des couches socioprofessionnelles du pays.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par plusieurs prestations artistiques et culturelles magistralement présentées par des talents nigériens, des invocations religieuses ainsi que le traditionnel hymne national, “l’honneur de la Patrie” qui a été solennellement reprise en chœur par une assistance gonflée à bloc par le sentiment d’un patriotisme réaffirmé dans un contexte de souveraineté retrouvée comme le laisse transparaitre le thème sous lequel se tiennent ces Assises nationales de la refondation. Plusieurs allocutions ont été prononcées à cette occasion dont celle du Gouverneur de la Région de Niamey, région hôte de cet évènement historique, le Président de la Commission nationale en charge de la conduite des travaux et celle du Chef de l’Etat.

Un nouveau rendez-vous historique pour le Niger…
Dans son discours d’ouverture officielle des travaux, le Général Tiani a tenu à expliquer que ces Assises annoncées au lendemain de la prise du pouvoir par le CNSP se tiennent seulement aujourd’hui parce que « le Niger faisait continuellement face à l’animosité des puissances étrangères depuis que le pays a décidé de prendre son envol et son indépendance véritable ». Et parce que ces menaces sont toujours pressantes, le Chef de l’État a lancé un appel solennel à l’union et à la solidarité.
Le président du CNSP a ensuite invité les participants à faire de cet événement historique un moment d’échanges constructifs visant à fédérer tous les Nigériens. « À la différence de ce que les Nigériens ont connu dans le passé, ces assises ne peuvent pas se réduire à une tribune de promotion personnelle, de positionnement politique, de règlement de comptes, de critiques acerbes injustifiées ou de tremplin pour une conquête du pouvoir à venir », a assuré le chef de l’État pour qui, ces assises doivent être “un espace de dialogue inclusif permettant d’atteindre les objectifs d’unité nationale, de cohésion sociale, de justice, de paix, de sécurité et de progrès socio-économique ».
Le chef de l’État a exhorté les délégués à se détacher des considérations corporatistes et claniques et à se mettre au service de l’intérêt général en agissant en « dignes fils du Niger, défenseurs des valeurs nigériennes et des intérêts du pays ». « Dans chaque parole prononcée et dans chaque acte posé, vous devez avoir à l’esprit le sacrifice consenti par notre peuple et ses attentes légitimes pour un nouveau départ » a plaidé le Chef de l’Etat qui a invité les participants à œuvrer de concert afin de poser véritablement « les bases inébranlables d’un avenir meilleur, de stabilité et de progrès économique et social pour tous ». En effet, a-t-il insisté, « il est temps que l’homme africain, le Sahélien, prenne son destin en main et profite des immenses richesses de la terre de nos ancêtres sans aucune ingérence extérieure ». En ce sens, le Général a salué « les immenses efforts de tous ceux qui œuvrent discrètement mais efficacement au dialogue et au retour de la paix entre Nigériens, aussi bien dans les communautés que dans les campagnes ».
Un processus participatif et inclusif selon le Général Tiani…

Dans son discours, le Président du CNSP n’a pas manqué de rappeler que ces assises nationales font suite aux assises régionales et participent d’un processus inclusif de bout en bout. « Les Nigériens des villes et des campagnes ont pu débattre en profondeur de toutes les questions d’intérêt national et formuler des propositions, aussi bien individuelles que collectives, pour mieux faire face aux défis auxquels notre pays est confronté », a rappelé le général Tiani qui s’est engagé à prendre en compte toutes les propositions issues des assises nationales et à leur donner une traduction concrète de manière progressive, dès réception du rapport des travaux. C’est pourquoi, le Président du CNSP a rappeler les responsabilités qui incombent aux délégués, qui doivent se comporter en dignes fils du Niger, notamment en se départant de tout esprit de clanisme ou partisan. « Lors de vos délibérations, ayez à l’esprit le sacrifice consenti par le peuple nigérien », leur a adressé le Chef de l’État, qui s’est par ailleurs adressé aux citoyens de la Confédération AES qui ont pris des armes contre leurs pays. A ces derniers, le Général de Brigade Abdourahamane Tiani les a appelés à les déposer car « le moment est venu de construire et non de détruire ».
Des Assises nationales pour un agenda de la Transition…
Auparavant, le Ministre d’État, Ministre en charge de l’Intérieur, le Général de Brigade Mohamed Toumba , a pris la parole pour faire la genèse du processus qui a commencé dès le 2 août 2023, au lendemain de l’avènement du CNSP au pouvoir. Il a en ce sens rappelés l’engagement pris solennellement alors par le Président du CNSP de réunir les forces vives de la Nation pour un dialogue national inclusif, lequel s’est matérialisé avec la création de la Commission chargée de conduire les travaux des Assises Nationales. Il a indiqué par la suite que le processus a véritablement démarré dès le 31 décembre 2023 avec le lancement par le Premier Ministre des Assisses Régionales à Agadez, des consultations qui avaient pour objectif de créer les conditions d’une refondation du système politique du Niger. « Les conclusions des Assises Régionales traduisent la volonté du peuple nigérien de défendre vaille que vaille notre souveraineté », a estimé le Général Toumba.
De son coté, le Président de la Commission nationale de conduite des travaux, Dr Mamoudou Harouna Djingarey, s’est félicité du fait que les événements du 26 juillet 2023 ont sonné une nouvelle ère de gouvernance pour le Niger. A juste titre, il a estimé que “les Assises Nationales s’inscrivent dans la démarche du Président du CNSP de trouver des solutions aux défis de développement qui se posent actuellement au Niger”. Et d’ajouter: “Nous sommes ici pour bâtir un Niger fort, digne et prospère” en créant les conditions de la transformation structurelle de son tissu économique et social”.
Il convient de noter qu’ils sont quelque 716 participants à prendre part à ces Assises qui vont durer cinq (5) jours durant lesquels ils auront à exploiter la synthèse des Assises Régionales, proposer un avant-projet de la Charte de la Transition, formuler des recommandations à soumettre au CNSP. A cet effet, une Commission Nationale chargée de la conduite des travaux des Assises Nationales a été mise en place par le Président du CNSP. Elle est composée d’un un président, de huit (8) vice-présidents, de cinq (5) rapporteurs généraux et de plusieurs sous-commissions thématiques dont celle relative à la paix, la sécurité, la réconciliation nationale et la cohésion sociale; la refondation politique et institutionnelle ainsi que l’économie et le développement durable pour ne citer que ceux-là.
A.Yacouba Barma(www.lesechosduniger.com)

