(Echos du Niger 27 janvier) Les autorités de la ville de Niamey continuent de plus belles l’opération de “décolonisation” des rues et places publiques de la capitale. Après le lancement de cette initiative plus que symbolique du CNSP, le 15 octobre dernier, plusieurs autres artères et lieux publiques de la ville de Niamey ont été rebaptisées hier dimanche 26 janvier et porte désormais de nouvelles appellations qui rendent hommage aux figures historiques et emblématique du pays.
Exit l’Avenue Jules Brévié et place désormais à l’Avenue Dan Koulodo! La voie qui mène du Cabinet du Premier ministre à l’ Avenue GLE, dans le quartier des ministères, au Plateau, porte depuis ce 26 janvier 2025 le nom de l’ancien Chef historique du Katsina, dans la région de Maradi (actuel Sultanat du Katsina), Dan Malan, qui régna de 1922 à 1944 et s’opposa à sa manière aux colons. Il a va de même pour l’Avenue Fraçois Mitterrand, entre le rond-point de l’hôpital et celui de Kennedy, qui porte à partir de cette date le nom de Boubou Hama, l’ancien poète, philosophe, historien, homme de lettres et homme politique nigérien de premier plan durant la lutte pour l’indépendance mais aussi après l’accession du Niger à sa souveraineté puisqu’il fut Président de l’Assemblée du premier régime qui a dirigé le Niger de 1960 à 1974 sous le règne du Président Diori Hamani dont il fut un proche.
Dans la même optique, l’Avenue Morou Karma, un ancien résistant à la pénétration coloniale de l’ouest du Niger, dans la région de Tillabéri, est ainsi la nouvelle appellation de l’ancienne Avenue du Président Karl Casten qui va du Rondpoint Justice au Rond-point EAMAC. L’ancienne artère GK3 qui relie le Camp militaire Bagaji Iya au Génie militaire porte désormais le nom de Demba Mainassara, le premier Chef d’Etat-major des Forces armées nigériennes (FAN).
Selon le Patron de la ville de Niamey, « les rues et places publiques de la capitale ont été rebaptisées afin d’honorer les figures emblématiques de notre histoire ». L’opération va se poursuivre dans les prochaines semaines en fonction du travail du Comité spécialement mis en place à cet effet et composé entre autres d’historiens. « La plupart de nos avenues, boulevards, rues (…) portent des noms qui rappellent tout simplement les souffrances et les brimades subies par notre peuple par l’épreuve de la colonisation »,avait d’ailleurs dénoncé, lors du lancement de l’opération, le ministre Amadou Djibo qui est également porte-parole du gouvernement de Transition
Rappelons que cette démarche s’inscrit dans le cadre de la volonté affirmée des nouvelles autorités militaires de transition d’affirmer la « pleine et entière souveraineté » du Niger, le cheval de bataille du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) et qui vise plus particulièrement à “effacer” les traces de l’héritage laissé par l’ancienne puissance coloniale. Depuis le coup d’état du 26 juillet 2023, Niamey a rompu toutes ses relations avec Paris et en plus de cette opération de décolonisation des rues, places et édifices publics, un autre Comité a été mis en place pour “réécrire l’histoire du Niger”.
Youssouf Sériba

