(Échos du Niger 15 janvier)Face aux récurrentes attaques que subit ces derniers temps le Pipeline d’exportation du pétrole brut du Niger via le port de Sèmè-Podji au Bénin, l’entreprise chinoise WAPCO, en charge de l’exploitation de l’infrastructure, a décidé de faire appel aux Forces armées nigériennes pour la sécurisation de ses opérations pétrolifères.
En ce sens, un accord a été signé au cours d’une cérémonie solennelle mardi 14 janvier à Niamey, entre le Ministère de la Défense nationale et la West African Pipeline Company (WAPCO Niger) pour encadrer les modalités de mise en application des mesures convenues afin de contrer la menace des groupes terroristes armés, notamment les “Lakurawa” du Nigeria, sur les infrastructures pétrolifères du pays, dans leur desseins de déstabiliser l’économie nationale et partant l’affirmation de la souveraineté énergétique du pays, en perturbant l’exploitation de cette ressource stratégique pour le Niger. C’est le Secrétaire Général du Ministère de la Défense nationale, le Général de Brigade Sani KACHE, qui a présidé la cérémonie officielle de signature des accords cadre et d’application avec le projet WAPCO/Niger concernant la sécurisation de ses opérations pétrolières.
La signature desdits accords s’est déroulée en présence de plusieurs responsables du Ministère de la Défense Nationale, des représentants du Ministère du Pétrole et du groupe chinois WAPCO. Dans l’allocution qu’il a prononcée à cette occasion, le Secrétaire Général du Ministère de la Défense nationale a précisé que l’accord en question, “plus qu’une simple convention de protection des opérations pétrolières incarne notre vision commune du développement et témoigne de la confiance mutuelle entre nos deux Pays en général et entre le Ministère de la Défense Nationale et WAPCO en particulier” .
Le Général de Brigade Sani KACHE s’est dit par ailleurs, convaincu que ces nouveaux accords renforceront le partenariat stratégique qui lie les deux institutions sur les bases d’une collaboration fructueuse et mutuellement bénéfique. » lorsque la volonté politique rencontre l’excellence et la technique, des grandes réalisations deviennent possibles » a t’il conclu. De son coté, le représentant du Directeur Général de WAPCO, a à l’entame de ses propos remercié le Ministère de la Défense nationale pour le soutien et l’assistance à l’endroit de sa structure.
Un accompagnement qui a permis au projet d’avancer et d’obtenir d’importants résultats, a-t-il estimé tout en rappelant qu’en effet, le Niger a pu réaliser avec succès, la vente de son pétrole brut par voie maritime en 2024 devenant ainsi, Pays exportateur du pétrole. C’est en ce sens, qu’il a dit gardé espoir que la coopération deviendra plus étroite et plus efficace pour relever ensemble le défis de la sécurisation de l’exploitation du pipeline en vue de contribuer d’avantage au développement économique du Niger.
Protéger et sécuriser les opérations pétrolières contre les menaces…
Le moment solennelle de la cérémonie a été la signature sur les documents des accords des représentants des deux parties. Il s’agit du Directeur des Études Stratégiques du Ministère de la Défense Nationale et du Représentant du Directeur Général du projet WAPCO et selon les officiels des deux pays, la signature de ces accords marquent “un tournant décisif dans la coopération énergétique entre le Niger et la République Populaire de Chine à travers ce partenariat stratégique avec ce projet”.
Selon le contenu des accords, le partenariat s’articule autour de quatre (04) piliers fondamentaux à savoir l’engagement mutuel pour une sécurisation optimale des installations pétrolière, la mise en place d’un dispositif de sécurité robuste et professionnel, l’établissement d’un cadre de collaboration étroite entre nos institutions et l’engagement dans un partenariat durable. Avec cet accord, les Forces de défense et de sécurité (FDS) vont intensifier leurs missions de contrôle de zone et de protection des infrastructures stratégiques le long du pipeline alors qu’elles sont déjà engagées dans plusieurs opérations de sécurisation du territoire notamment dans les régions de Tahoua (opération “Chara”) et de Dosso (opération “Damissa”).
Ces dans ces zones que le pipeline a subi, à plusieurs reprises, des actes de sabotages en série par des assaillants venant du Nigeria. Des actes criminels que les autorités de transition soupçonnent de s’inscrire dans un agenda de déstabilisation du pays orchestré par la France en partenariat avec des pays voisins ainsi que les dignitaires du régime déchu et des groupes armés et financés pour le besoin de la cause. C’est le cas des “Lakurawa”, un nouveau groupe armé terroriste qui sévit le long de la frontière avec le Nigeria voisin, et qui a pris de l’envergure depuis que le Niger, sous la houlette du CNSP, a décidé de divorcer avec la tutelle impérialiste imposée par l’ancienne puissance coloniale et d’affirmer sa pleine et entière souveraineté sur son territoire et ses ressources naturelles.
Yacouba Barma (www.lesechoduniger.com)

