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AES: « Visa free » et libre-circulation pour les ressortissants de la Cédeao

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(Échos du Niger 15 déc)Dans une Déclaration publié ce samedi 14 décembre, le collège des chefs d’Etat de la Confédération des Etats du Sahel (AES), a adopté une série de mesures relatives à la libre circulation, le droit de résidence et d’établissement des ressortissants de la CEDEAO dans l’espace de la Confédération.

Ainsi, mis à part des conditions spéciales de restriction, l’espace communautaire des Etats du Sahel est « sans visa » (visa free) pour tous les ressortissants de la Cédeao dont les véhicules particulières et commerciales peuvent également circulées librement selon le document signé par les Chefs d’Etat des 3 pays membres. Une décision en prélude à l’entrée en vigueur, le 29 janvier prochain, du « retrait irréversible » du Niger, du Mali et du Burkina Faso de l’organisation d’intégration ouest-africaine alors que s’ouvre ce dimanche à Abuja, au Nigeria, d’un Sommet ordinaire qui va statuer sur la question.

Dans la déclaration signée par le Président du Mali et président en exercice de la Confédération sahélienne, le Général d’armée Assimi Goita, le collège des Chefs d’Etat a d’abord invoqué le traité portant création de la Confédération des Etats du Sahel (AES) adopté à Niamey le 06 juillet 2024 ainsi que la Charte du Liptako-Gourma du 16 septembre 2023, instituant l’Alliance des Etats du Sahel comme fondement de leur conviction sur « la nécessité de poursuivre les luttes héroïques menées par les peuples et les pays africains pour l’indépendance politique, la dignité humaine et l’émancipation économique ». Aussi, poursuit le document, « fidèle aux objectifs et idéaux de la Charte des Nations Unies et de l’Acte constitutif de l’Union Africaine » et guidé par l’esprit de fraternité, de solidarité et d’amitié ; Engagé à renforcer les liens séculaires entre les Peuples d’Afrique, les Chefs d’Etat de l’AES ont déclaré que « la Confédération des Etats du Sahel (AES) est un espace sans visa pour tout ressortissant des Etats membres de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ». A ce titre, souligne la Déclaration, « les ressortissants de la CEDEAO ont le droit d’entrer, de circuler, de résider, de s’établir et de sortir sur le territoire des Etats membres de la Confédération des Etats du Sahel dans le respect des textes nationaux en vigueur ». Toutefois, est-il fait mention, les Etats membres de la Confédération se réservent le droit, conformément à leurs lois et règlements, de refuser l’entrée sur leurs territoires à tout ressortissant de la CEDEAO entrant dans la catégorie des immigrants inadmissibles. Dans la même lancée, les véhicules particuliers immatriculés sur le territoire d’un Etat membre de la CEDEAO pourront entrer sur le territoire d’un Etat membre de la Confédération conformément aux textes en vigueur.

Par ailleurs, les véhicules à usage commercial immatriculés sur le territoire d’un Etat membre de la CEDEAO et transportant des passagers pourront entrer sur le territoire d’un Etat membre de la Confédération AES, conformément aux textes en vigueur.

Le divorce actée avec la Cédeao actée par l’AES…

Cette décision fait suite à la réunion des experts puis des ministres de la Confédération qui s’est achevée samedi dernier à Niamey, au Niger, et au cours de laquelle la « décision irréversible » de divorcer avec la Cédeao a été de nouveau réaffirmée. Elle intervient surtout à la veille du 66e Sommet ordinaire de l’organisation d’intégration ouest-africaine prévu ce dimanche à Abuja, au Nigeria, au cours de laquelle les chefs d’État et de gouvernement vont statuer sur la question notamment la suite à donner à la décision prise en fin janvier dernier par le Niger, le Burkina Faso et le Mali. A l’évidence, les chefs d’État de l’AES ont décidé de prendre les devants en montrant la voie à la Cédeao pour les nouvelles modalités de coopération et de partenariat à envisager pour un divorce à l’amiable qui arrangerait les deux parties en tenant compte du nouveau contexte régional.

Il reste maintenant à attendre la décision des leaders de la Cédeao et comme la indiqué le chef d’Etat du Nigeria et Président en exercice de l’organisation communautaire, Ahmed Bola Tinubu, le processus sera conduit en tenant compte des intérêts des ressortissants des pays de la Cédeao mais aussi et surtout de la Confédération AES. En échos, les propos récents du chef de la diplomatie malienne Abdoulaye Diop qui a jugé utile de préciser en substance que « les pays de l’AES quittent une organisation mais pas la sous région ». De quoi envisager un divorce à l’amiable entre la Cédeao et la Confédération AES.

Aboubacar Yacouba Barma

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