COMMUNIQUE DE PRESSE DE L’ASSOCIATION TIMIDRIA

Actualité Échos Tribune

Instituée en 2020, la Journée Nationale de Mobilisation contre la traite des Personnes et l’Esclavage, célébrée chaque 28 septembre, a vu le jour suite à une forte insistance de la société civile nigérienne et d’autres institutions indépendantes sous les auspices de l’Association Timidria. Son institution a permis à l’Etat d’accorder les violons avec notre association sur la nécessité de reconnaitre que l’ampleur de la problématique de l’esclavage traditionnel au Niger impose d’en faire une claire distinction avec la question de la traite des personnes.

Depuis lors, Timidria s’est engagé à apporter sa pierre à l’édifice dans l’atteinte des objectifs de la journée qui sont entre autres la réalisation de l’état de lieu de la lutte contre l’esclavage et la traite des personnes, la sensibilisation du grand public, la diffusion des dispositifs juridiques de prise en charge de la traite des personnes et l’esclavage…

Selon une récente étude de Timidria, les causes de la persistance de l’esclavage au Niger sont entre autres : l’opposition aux valeurs républicaines au profit des valeurs sociétales, la pauvreté et l’endoctrinement des victimes, la tiédeur de l’engagement politique, la lenteur de la procédure judiciaire, les insuffisances de la loi, la méconnaissance du problème par certaines autorités administratives et coutumières. A cet égard Timidria fait les recommandations dont la teneur suit :

1- Le parachèvement du processus de réforme du code pénal par l’adoption du projet soumis au gouvernement par le comité de relecture en prenant en compte toutes les dispositions relatives à la répression des pratiques esclavagistes et discriminatoires;

2- La Poursuite du processus de mise en œuvre de la recommandation N°3 relative à la mise en place d’un mécanisme de coordination de haut niveau (Primature ou Présidence) telle que formulée par la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les formes contemporaines de l’esclavage lors de sa visite au Niger en 2014 ;

3- La Réalisation d’une étude globale quantitative, qualitative sur la prévalence de l’esclavage au Niger, ses causes et conséquences afin de concevoir un plan d’action et une stratégie nationale de lutte contre l’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage en impliquant toutes les parties prenantes (Etat, OSC et Partenaires Techniques du domaine) conformément aux recommandations de la Rapporteuse spéciale des Nations Unies en visite au Niger en 2014 ;

4- La mise en place des mesures administratives visant à changer le nom de villages, hameaux et quartiers à connotation esclavagiste et discriminatoire comme Dabaye, Garin Bayou, Makanzala Ikouloutan, Inbinkar n’eklan et j’en passe ;

5- La Relance du processus de la création du fonds d’indemnisation des victimes de l’esclavage initié par le BIT/PACTRAD conformément aux recommandations de la rapporteuse Spéciales des Nations Unies sur les formes contemporaines de l’esclavage lors de sa visite au Niger en 2014.