(Les Echos du Niger 3 sept)L’heure de la détente semble décidément être très loin entre le Mali et l’Algérie. Au cours d’une réunion, le vendredi 30 août, au conseil de sécurité de l’ONU à New York sur la fourniture des armes par les pays occidentaux à l’Ukraine, le représentant du Mali a fermement répondu au voisin algérien qui s’était plaint il y a quelques jours de la présence des hommes de Wagner dans le Sahel et avait accusé l’armée malienne d’avoir tué une vingtaine de civils dans une attaque de drone à la frontière.
« Accusation aussi grave qu’infondée », ce sont les mots du représentant du Mali à l’ONU pour répondre à un diplomate algérien. Celui-ci a récemment affirmé avoir appris qu’un drone de l’armée malienne a effectué une frappe dans le nord du Mali, tuant une vingtaine de civils. Issa Konfourou, l’ambassadeur malien aux Nations-Unies, dans son intervention devant le Conseil de sécurité, a indiqué que le représentant algérien « colportait à la légère ces informations de presse non vérifiées, le diplomate algérien se fait le relais de la propagande terroriste dans notre région ».
Pour le Mali, il ne fait aucun doute que les individus visés étaient bien des terroristes qu’il a éliminés fin août dans le Nord, non loin de la frontière algérienne. Devant le Conseil de sécurité, le diplomate malien a également demandé à son grand voisin du nord d’adopter une attitude « plus constructive et plus respectueuse du Mali et de son peuple ».
Pour l’Algérie, le plus important est d’éviter que le conflit malien ne déborde sur sa frontière. Alger joint d’ailleurs la force à ses tentatives de dissuasion. Le 27 août dernier, un chasseur Su-30 de l’armée de l’air algérienne a décollé au matin de la base de Tamanrasset après avoir détecté, selon les autorités algériennes, une menace à la frontière du Mali. L’appareil aurait lancé des signaux d’avertissement à l’attention d’un drone turc TB2 qui survolait la zone, l’incitant à battre en retraite.
Mawulolo Ahlijah

