Coopération : pour contourner le blocage, les transporteurs béninois passent par le Nigéria

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(Les Echos du Niger 29 mai) L’information n’a pas fait grand bruit en dépit du fait qu’elle relève d’une actualité brûlante. Le Nigéria et le Bénin ont trouvé un accord permettant à Cotonou de contourner la fermeture des frontières terrestres avec le Niger.

C’est à travers un accord cadre signé 21 mai 2024, que les deux pays ont de l’ouverture d’un poste de frontière qui doit permettre aux marchandises arrivant dans le port de Cotonou de transiter jusqu’au Niger. Les transporteurs béninois devront donc passer par le nord du Nigeria pour atteindre Niamey et les autres villes. Abdoulaye Ibrahim, le président du Patronat des entreprises de transport du Bénin a déclaré au micro de RFI que des camions ont commencé à emprunter ce corridor ce vendredi 24 mai et à ajouter que cette mesure « va soulager les transporteurs et les conducteurs béninois ».

Ce nouvel axe permet en effet aux transporteurs béninois de réduire leur trajet de 600 kilomètres. En effet, ces derniers devaient, depuis la levée des sanctions de la Cedeao, passer par le Togo et le Burkina avant de rejoindre le Niger. Toujours selon Abdoulaye Ibrahim, les transporteurs « gagnent par rapport à l’état des véhicules, par rapport à la consommation, le gasoil, par rapport à la tracasserie, etc. »Notons que le Niger a refusé de rouvrir sa frontière terrestre avec le Bénin malgré la levée des sanctions de la Cedeao. Le CNSP accuse Cotonou d’héberger des troupes françaises dont l’objectif serait de déstabiliser le Niger.

Le président Talon a déclaré que ces accusations étaient fausses et estime que le Niger serait dans une logique de vengeance. Il faut rappeler qu’à la suite du renversement du président Bazoum, le Bénin avait soutenu l’option d’une intervention militaire destinée à chasser les putschistes et à réinstaurer le président déchu. Cette décision prise par la Cedeao avait été soutenue par Paris. L’ancien pays colonisateur demeure d’ailleurs, le principal partenaire du Bénin dans la lutte contre les groupes terroristes.

La tension est à nouveau récemment montée entre les deux pays suite à la décision prise par Cotonou de bloquer le chargement du pétrole nigérien au port de Sèmè si les frontières terrestres ne sont pas ouvertes. En guise de riposte, le Niger a interdit aux transporteurs béninois de transporter les marchandises en direction du Niger depuis le port de Lomé. Cotonou a de nouveau répliqué en mettant complètement fin à la circulation fluviale entre Malanville et Gaya.

Selon certains analystes, avec la création de ce nouveau poste de frontière, le CNSP pourrait interdire purement et simplement l’accès du territoire nigérien aux véhicules béninois. D’autres estiment qu’il est grand temps d’enterrer la hache de guerre et que les deux pays gagneraient à faire la paix et à reprendre leur coopération.

Mawulolo Ahlijah