(Les Echos du Niger 27 mai) Selon les informations officielles émanant des États-major des quatre pays, le Niger, le Burkina-Faso, le Mali et le Togo mènent actuellement des exercices militaires conjoints. C’est la première fois que les pays composant l’alliance des États du Sahel s’associent au Tchad et au Togo pour mener des exercices militaires de ce genre.
En effet, depuis le 20 mai, les soldats des 5 pays effectuent différentes manœuvres dans la zone ouest du Niger, non loin de la frontière malienne, au sein du centre de formation des forces spéciales nigériennes, dans la localité de Tillia. L’objectif serait de renforcer les capacités opérationnelles ainsi que la résilience des militaires.L’opération militaire a été baptisée « Amour de la patrie”. Les pays qui y participent font face à de divers degrés à la menace djihadiste. Depuis 2015, le Niger subit régulièrement des attaques organisées par des groupes terroristes dans le sud-est et dans l’ouest du pays.
Quant au Mali et au Burkina-Faso, une bonne partie de leur territoire est sous le contrôle des groupes armés islamistes. Les soldats tchadiens quant à eux doivent combattre les groupes islamistes comme Boko Haram ou l’ISWAP qui sont très actifs dans le bassin du lac Tchad. Enfin, la région des savanes au Togo n’est pas épargnée par les attaques des groupes islamistes qui s’en prennent aussi bien aux militaires qu’aux populations civiles. Le ministère de la Défense nigérien a précisé que « l’exercice se veut d’envergure nationale et comprend des manœuvres tactiques conjointes, des simulations d’opérations spéciales et des actions de coopération civilo-militaire visant à renforcer les liens entre les soldats et les populations locales ».
Pour certains analystes, ces exercices militaires conjoints sont le prélude à la formation d’une seconde version du G5 Sahel. Dans cette nouvelle configuration, la Mauritanie sera remplacée par le Togo. Le pays s’est montré particulièrement complaisant avec les pays du Sahel à la suite des coups d’État qu’ont connus ces derniers. Son président, Faure Gnassingbé qui a succédé à son père en 2005, reste très contesté au sein de la population. Selon les partis d’opposition, il aurait récemment changé la constitution pour rester indéfiniment au pouvoir.
Mawulolo Ahlijah

