(Les Echos du Niger 7 mai)Le CNSP a ordonné récemment la fermeture de plusieurs mines d’or situées dans le nord du Niger et gérées par une entreprise chinoise. Cette décision a été prise suite à des plaintes d’éleveurs qui indiquent que leurs animaux (plusieurs dizaines) ont trouvé la mort après avoir bu des eaux usées. L’information a été rendue publique par l’Agence France Press (AFP) qui cite des sources locales.
Pour les éleveurs de la localité de Tabelot où s’est déroulé le drame, les activités des mines de Sahara SARL sont la seule explication à la mort de leurs animaux. Selon l’AFP, ces derniers soutiennent que la région ne souffrait ni de sécheresse, ni d’épidémie.
« Nous avons dénombré 24 morts en deux jours et fin avril, nous avons fini par comprendre que le massacre était dû à des produits nocifs contenus dans l’eau rejetée par les mines », a déclaré Youssaf Houssa, le chef de Tamannit, l’un des villages sinistrés. Almou Akoli, un habitant de la localité de Fasso a déclaré avoir perdu 16 animaux à cause de la contamination des eaux. Air Info, un journal local, a indiqué qu’un rapport officiel a confirmé que le décès des animaux était causé par des produits chimiques utilisés dans les mines. Ces produits menacent sérieusement la nappe phréatique dans un environnement déjà hostile à l’élevage.
Une équipe d’enquêteurs de la police nationale a été dépêchée sur place et dans la foulée, le ministère nigérien des Mines a ordonné la fermeture temporaire d’au moins quatre sites miniers. « Les Chinois ont suspendu le travail et nous surveillons nos animaux », a déclaré Youssaf Houssa.
Notons que la société chinoise Sahara SARL a débuté ses travaux d’exploitation de l’or en janvier 2024 au milieu de pâturages. Elle n’est pas la seule compagnie minière qui est régulièrement critiquée en raison de son impact sur l’environnement. La société française Orano (ex-Areva), qui extrait de l’uranium dans la région d’Agadez est aussi régulièrement la cible des organisations de la société civile pour sa mauvaise gestion des déchets radioactifs.
Mawulolo Ahlijah

