(Les Echos Niger 7 mai) Il ne s’agit pas d’une coupure totale, mais d’une très importante baisse dont les conséquences se feront très vite sentir à Niamey et dans les autres villes du pays. Le Nigéria, principal fournisseur d’électricité au Niger, vient d’annoncer qu’il a réduit considérablement la quantité d’énergie électrique qu’il octroyait à ce pays.
L’information a été rendue publique par la Commission nigériane de régulation de l’électricité (NERC). Celle-ci a ordonné un plafonnement à 6% sur les exportations d’électricité du pays. En d’autres termes, sur la quantité totale d’électricité produite par le Nigéria, seul un maximum de 6 % pourra être exporté vers le Niger, le Bénin et le Togo qui sont les principaux clients du pays. Cette ordonnance de la NERC est entrée en vigueur le 1er mai 2024.
Le Nigéria justifie cette décision par le souci d’améliorer la fourniture d’électricité à l’interne. Depuis des années, de nombreuses villes du Nigéria sont confrontées à des coupures d’électricité pouvant durer parfois plusieurs jours. Une telle situation pénalise fortement les populations ainsi que les petites et moyennes entreprises.
Du côté nigérien, toutefois, cette annonce fait l’effet d’une douche froide. Le pays dépend du Nigéria à 80% pour son approvisionnement en Énergie électrique. Au lendemain du coup d’État du 26 juillet 2023, l’arrêt de la fourniture d’électricité dans le cadre des sanctions prises par la Cedeao a eu de graves conséquences sur tous les secteurs de la vie socioéconomique du pays. De nombreux malades sont décédés à cause des coupures d’électricité dans les hôpitaux et l’activité économique a été considérablement ralentie. Pour éviter le pire, la Nigelec a dû accroître sa consommation de gasoil afin d’augmenter la production d’électricité locale. Mais en raison des coûts élevés du carburant, la Nigelec a été contrainte de vendre de l’électricité à perte.
Avec cette décision de plafonner les livraisons à 6 %, les chances sont grandes que les délestages soient davantage intensifiés à Niamey et dans les autres villes du pays. L’arrêt des financements suite au coup d’État a sérieusement ralenti les travaux de construction du barrage de Kandadji dont la mise en service ne se fera pas avant plusieurs mois. En attendant, le Niger compte sur son partenariat avec la Russie et l’Iran pour augmenter sa production d’électricité. Téhéran a promis d’offrir au pays des groupes électrogènes de grande capacité contre la livraison de 300 tonnes d’uranium.
Youssouf Sériba

