(Les Échos du Niger 29 avril) C’est par le biais d’un communiqué que le conseil supérieur de la communication (CSC) du Burkina-Faso a annoncé la suspension temporaire de plusieurs médias occidentaux, notamment TV5monde, Deutsche welle, Ouest-France, le monde.fr, Apanews, The Guardian et Agence Ecofin. Cette mesure a été annoncée sans aucun avertissement préalable et sans que les médias en question ne soient invités à s’expliquer. Il est reproché à ces médias d’avoir diffusé un « élément audiovisuel et un article accusant l’armée burkinabé d’exactions sur les populations civiles du nord et du nord-est du pays ».
Ces publications font suite au rapport de l’ONG Human right watch sur les droits de l’homme. Pour le CSC, le traitement de cette information par les médias suscités, violent la déontologie du métier de journaliste et constituent une « désinformation de nature à porter le discrédit sur l’armée burkinabè ». C’est au regard de la ‘’gravité des faits” que le CSC réunit en conseil provisoire a pris la décision de suspendre la diffusion des médias audiovisuels et de bloquer l’accès aux médias en ligne depuis le Burkina-Faso. Les arguments avancés par le CSC peinent à convaincre les journalistes et les spécialistes des médias.
Ces derniers estiment qu’il s’agit d’une censure et d’une entrave à la liberté de la presse et appellent à la levée sans délai de ces mesures restrictives. Notons que le régime du capitaine Ibrahim Traoré, malgré sa popularité auprès d’une partie de la population et des nostalgiques de Thomas Sankara, est régulièrement accusé de dérives autoritaires. Les voix dissidentes sont attaquées et mises en prison tandis que les organisations de la société civile et plusieurs médias sont harcelés sinon réduits au silence.
Mawulolo Ahlijah

