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Niger-Bénin : pourquoi les frontières restent fermées ?

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(Les Echos du Niger 28 février) plus de 48 heures après l’annonce de la levée des sanctions par la Cédéao,  les frontières entre le Bénin et le Niger demeurent fermées. Les populations des deux pays ne peuvent donc pas pour le moment franchir le pont qui sépare la ville de Gaya de celle de Malanville.

Alors la question qui se pose est de savoir à qui la faute ? Pourquoi la libre circulation des biens et des personnes n’a pas encore repris entre les deux pays ? La situation sur le terrain indique clairement que c’est du côté nigérien de la frontière qu’il n’ya pas eu de changement.

« Le Bénin a levé ses barrières le dimanche déjà, mais c’est fermé du côté du Niger », indiquent des sources locales à Malanville. « Le dispositif mis en place depuis la fermeture par l’armée nigérienne sur le pont pour bloquer le passage est toujours en place » fais savoir un témoin interrogé sur place.

Le Bénin avait appliqué des sanctions décidées le 30 juillet par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest contre le Niger à la suite du coup d’État.  Le président Patrice Talon avait indiqué être favorable à une intervention militaire pour réinstaller l’ancien président Bazoum et avait préparé des troupes à cet effet. Pour le Niger, cette posture du Bénin a été perçue comme une trahison et un affront.

Le maintien de la fermeture des frontières avec ce pays peut donc être perçu comme une volonté du CNSP de rendre à Cotonou la monnaie de sa pièce. Le port de Cotonou a d’ailleurs été délaissé au profit du port de Lomé comme principal point d’accès à la mer pour le Niger. Les pertes pour Cotonou sont très importantes.

Néanmoins, les deux pays partagent beaucoup d’intérêt économique et bénéficieront à terme à enterrer la hache de guerre. Un oléoduc géant, le pipeline Niger-Bénin reliant le sud-est du Niger à la côte béninoise a été mis en service début novembre dernier pour permettre à partir de janvier selon les prévisions la commercialisation du brut nigérien sur le marché international. Le Niger espère une augmentation de ses recettes pétrolières et le Bénin la perception de droits de transit.

Youssouf Sériba

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